Le rapport 2007 sur la souffrance des adolescents montre des chiffres sont loin d'être rassurants.
900.000 adolescents, soit 15% des 11-18 ans, sont estimés "en grande souffrance". Parmi eux, 40.000 ont tenté cette année de mettre fin à leurs jours. Un "appel à l'aide" plus fréquent chez les filles que chez les garçons.
Mais tous les ados ne sont pas suicidaires, non ?!
Non, bien sûr. Mais leur souffrance psychique s'exprime à travers divers comportements qu'il est important de dépister.
Comme quoi ?
Les troubles du sommeil. Selon l'étude, 1 ado sur 4 éprouve des difficultés à dormir. Et 1 sur 10 a recours à des somnifères ou autres tranquilisants pour lutter contre le stress ou pour dormir.
Les troubles du comportement comme les troubles alimentaires témoignent d'un mal-être également. La boulimie et l'anorexie sont les plus évidents. Mais l'absentéisme scolaire et la phobie scolaire sont autant de signes d'une souffrance psychique. 5% des collègiens et lycéens cumulent quatre demi-journées d'absence par mois.
Enfin les conduites à risques participent de ce mal-être adolescent. Les poly-addictions concernent 34% des adolescents. C'est à dire qu'un tiers d'entre eux sont accros au tabac, au cannabis et à l'alcool. L'usage de cannabis est d'ailleurs complètement entrée dans les moeurs. 38% des 15-16 ans ont déjà fumé un joint. Et la consommation d'alcool touche des adolescents de plus en plus jeunes.
Et que peut-on faire ?
Dominique Versini, la Défenseure des enfants, demande à ce que soit mise en place une véritable "politique de prévention pour les ados", en dehors de celle déjà mise en place concernant la sécurité routière.
Elle a également souhaité que des Maisons des Adolescents, spécialisées dans la prise en charge des jeunes en grande souffrance soient ouvertes partout sur le territoire. Lors de leur création en 2004, il était prévu d'en installer une par département. Elles ne sont que 18 aujourd'hui.
Mais un sujet préoccupe de plus en plus, la PHOBIE SCOLAIRE
Concrètement cela signifie "avoir peur de l'école", c'est-à-dire avoir des angoisses à l'idée d'aller à l'école, au collège, au lycée ou même à l'université.
Ça touche combien d'adolescents ?
Selon les études, la phobie scolaire touche entre 1 et 5% des enfants scolarisés dans les pays occidentaux.
Quels sont les symptômes à repérer ?
Pour tout le monde, la phobie scolaire, cela débute de la même manière.
Au moment de partir à l'école, on se plaint de douleurs au ventre ou à la tête, on prétexte une forte fièvre. Pas seulement pour se prélasser et faire la grasse mat'. Dans la plupart des cas, on a réellement mal.
Pour les ados, la phobie scolaire se traduit par de l'absentéisme, pas toujours détecté. On se pointe devant le collège ou devant le lycée et on prétexte un petit retard pour ne pas entrer en classe, on passe sa journée à ne rien faire ou on rentre à la maison.
"Tous les soirs je me disais, 'demain j'irai'". Et tous les matins je me levais, mangeais, me préparais et au moment de partir je m'éffondrais en larmes, et retournais dans ma chambre. Des fois j'arrivais à prendre le bus et me rendre jusque devant le lycée, mais j'étais incapable d'y entrer", raconte par exemple Sandrine sur le blog PhobieScolaire.
Chez tous les phobiques scolaires, la peur se manifeste par des crises d'angoisse, des crises de larmes. Et plus rarement, les réactions sont beaucoup plus violentes pouvant entraîner des troubles cardiaques, des évanouissements. Enfin, la phobie scolaire peut provoquer des suicides.
Que faire en cas de phobie scolaire ?
Il faut à tout prix en parler... Les parents, les amis, les professeurs, l'infirmière de l'établissement sont autant d'interlocuteurs possibles. Une ligne téléphonique gratuite a également été mise en place: 0800 235 236.
Une fois dépistée, la phobie scolaire doit être traitée avec un médecin spécialiste qui proposera ou non une psychothérapie et/ou un traitement médical.
En revanche, la déscolarisation et le suivi de cours par correspondance ne sont préconisés que dans les cas les plus graves. Il est toujours plus utile de se confronter à sa peur, progressivement, en se fixant des objectifs que de la fuir, au risque de ne plus jamais pouvoir mettre le pied à l'école ou dans un lieu public.